En France, la population gère assez bien son budget mais investit difficilement

France novembre 25, 2016 10:19 aucun commentaire

Comment les Français gèrent-ils leurs portefeuilles? Pour répondre à ces questions, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) a mené une enquête statistique sur l’éducation financière de la population de 30 pays. Le niveau des Français se situe au premier rang du classement. Décryptage des points forts et points faibles.

Pour réaliser cette étude comparative en 2014 et 2015, l’OCDE a interrogé plus de 50 000 volontaires, âgés de 18 à 79 ans et répartis dans 30 pays en Europe, Asie du Pacifique, Afrique et Amérique. Le 12 octobre, cette étude comparative a été rendue publique et présentée à un symposium à Auckland en Nouvelle-Zélande. La France est en tête du podium grâce, en grande partie, à son comportement financier. Dans le classement général, elle est suivie de très près par la Finlande, la Norvège, le Canada puis Hong Kong. Les mauvais élèves sont les Polonais et les Biélorusses.

 

Une gestion prudente du quotidien

Pour les Français, budgétiser et payer ses factures en temps et en heure sont des préoccupations financières qui sont prises très au sérieux. Quand on les interroge sur ces questions, 85% des Français obtiennent au minimum 6 bonnes réponses sur 9. Côté épargne, 83% l’ont pratiqué au cours des 12 derniers mois contre seulement 60%, en moyenne, dans les pays de l’OCDE. Garder un oeil sur ses comptes régulièrement est une réalité pour 89% des français. « La population française se trouve dans la partie haute du classement parce qu’elle utilise très peu la carte de crédit contrairement aux anglophones. En France, la carte de débit est préférée à la carte de crédit qui, en l’occurence, est très peu proposée par les institutions bancaires » nous précise Flore-Anne Messy, experte à l’OCDE en charge des questions d’éducation financière. C’est donc la règlementation et les pratiques de paiement qui permettent aux Français de mieux gérer les impératifs financiers du quotidien.

Flore-Anne Messy, experte à l’OCDE sur les questions d’éducation financière. (CP:OCDE)

Concernant l’achat de nouveaux produits financiers, 79% s’informent auprès des prestataires de services et cherchent par eux-mêmes des conseils. Seulement 5% de la population utilise des informations indépendantes, des comparaisons d’achats ou la presse professionnelle. À titre de comparaison : dans les pays de l’OCDE, ce pourcentage ne dépasse pas 11 % et la première marche du podium revient aux Belges avec 15%. Comment expliquer ce comportement?  » L’étude du marché financier a un coût direct pour le particulier. De plus,  ils ne font pas confiance à leurs interlocuteurs car, il pense que le conseil est lié à un intérêt » souligne l’experte de l’OCDE. Un autre comportement vient cependant semer le trouble dans ce profil du bon élève : 40% des Français, contre 27% des pays de la zone de l’OCDE, avouent que leurs revenus ne couvrent pas toujours leurs dépenses quotidiennes. En effet, l’écart au sein de la population est très important : une partie gère au jour le jour tout en conservant un certain équilibre et une autre partie des Français gère leurs dépenses quotidiennes avec beaucoup de difficultés en ayant recours aux crédits à la consommation.

 

Des connaissances financières encore perfectibles

Concept de l’inflation, calcul d’un taux d’intérêt simple et composé, gestion du risque financier, pratique de la diversification des placements… Toutes ces notions peuvent paraitre simples au premier abord, mais elles sont parfois source de confusions. La preuve : seulement 62% des pays appartenant à l’OCDE atteignent 5 bonnes réponses sur 7. Pour la France, c’est tout juste en dessous de cette moyenne avec 59% et loin derrière Hong Kong qui atteint les 81%. « Ces résultats ne sont pas étonnants puisque Hong Kong est un centre financier et les jeunes investissent très tôt depuis leur téléphone portable. Par ailleurs, c’est une population qui est aussi très ouverte au risque financier » détaille Flore-Anne Messy.

Ces résultats indiquent qu’au final, les Français comprennent les concepts simples de la finance, mais peuvent vite être déstabilisés quand les questions deviennent légèrement plus complexes. Aussi, il est important de souligner que plus on évolue dans l’âge, plus on est susceptible d’avoir confiance en ses connaissances financières qui sont parfois erronées ou mal assimilées.

Une attitude sur le long terme plutôt médiocre

Pour connaitre l’attitude financière des participants, l’OCDE a demandé aux participants s’ils étaient en accord ou pas avec à ces trois assertions : « Je vis pour aujourd’hui et je fais confiance à l’avenir », « Je trouve plus de satisfaction à dépenser de l’argent qu’à épargner sur du long terme » et enfin, « L’argent est fait pour être dépensé ». Les trois quarts des Français se reconnaissent davantage dans la troisième assertion.

Des différences nettes entre les hommes et les femmes sont observées en France (tout comme dans la zone de l’OCDE): 48 % des hommes obtiennent un score élevé à cette question contre  56 % pour les femmes. Autrement dit, la gente féminine serait plus favorable à planifier ses finances sur le long terme. Pour l’experte de l’OCDE : « Si l’éducation financière est relativement basse et que les Français ne souhaitent pas avoir des conseils financiers indépendants, il faut trouver des moyens pour s’assurer qu’ils retrouvent confiance dans les intermédiaires financiers et leur fournir un conseil à prix moindre ».

Pour résumer, il est très intéressant de voir que les performances de gestion des Français sont très au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Cependant, ils ont des difficultés à transposer cette capacité d’épargne à très long terme compte tenu du score obtenu dans la section « attitude ».

Les points à améliorer pour les Français

Ensuite, d’un point de vue des connaissances financières, ils sont légèrement en deçà de la moyenne des pays de l’OCDE. Enfin, concernant, l’aptitude à contracter de nouveaux produits financiers, les Français devraient davantage miser sur les sources d’informations indépendantes et ne pas hésiter à faire des comparaisons ou des vérifications en amont . « Chez les adultes, en France, il faut améliorer le comportement d’épargne à long terme et l’épargne diversifiée en terme de risque » souligne Flore-Anne Messy.

L’OCDE agit comme interlocuteurs des gouvernements et souligne que dans le monde du trading les courtiers utilisent des biais de comportement pour cibler des populations vulnérables. En d’autres termes, une connaissance approfondie des notions financières peut empêcher à 92% de la population de ne pas investir sur des produits risqués mais les 8% restant ne serait pas protégé grâce à leur connaissance. Ici, les actions à mener ne sont plus du ressort de l’éducation financière mais de la protection des consommateurs et de la prévention.

Nicolas Gaiardo

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