Néo-banques : de nouveaux acteurs à risques ?

Actualité,France,VOUS INFORMER juillet 12, 2019 08:34 aucun commentaire

Les banques 100% digitales ont déjà séduit 1,8 millions de Français. Que proposent-elles ? Et surtout, quels sont les risques portés à cet environnement bancaire du tout digital ?

Qu’est-ce qu’une néo-banque ?

Les « néo-banques » sont apparues dès 2009 aux États-Unis, avant de débarquer en Europe. Les particularités de ces banques sans guichet ? Procéder à une ouverture de compte en quelques minutes et avoir une carte bancaire sans condition de revenus. Les frais basiques de tenue de compte reste aussi très faible, voire nuls. Ainsi, le but de ces néo-banques est de surfer sur la vague du tout numérique grâce à des applications modernes. Comme le paiement sans contact avec le mobile (type Apple Pay), le blocage temporaire de la carte de crédit, la modification des plafonds ou encore la géolocalisation des paiements pour éviter les fraudes.
Jusqu’ici, ce sont surtout les voyageurs et geeks qui trouvent leur bonheur dans ces banques nouvelle génération dans lesquelles le paiement dans une autre devise n’engendre que très peu souvent des commissions et frais de change. Elles se contentent d’appliquer le taux de change en vigueur au moment de la transaction à l’étranger. Les services sont cependant limités : pas de crédits immobiliers ou de portefeuilles boursiers.

Certaines d’entre elles, comme la Britannique Revolut, ne sont pas des banques, mais des établissements de paiement et elle doit s’appuyer sur le groupe bancaire Lloyds de Londres, pour les dépôts d’argent. L’Allemande N26, née en 2013 a réussi à lever près de 50 millions d’euros de financement auprès du fondateur de PayPal, Peter Thiel. Orange Bank, de son côté, sera allié à Groupama Banque. Contrairement aux néo-banques, les banques en ligne sont toutes des filiales de banques traditionnelles comme ING Direct, Boursorama (Société Générale) ou Hello Bank (BNP Paribas). En France, les néo-banques, comme Shine (statut d’agent prestataire de services de paiements) et Qonto (statut d’établissement de paiement), commencent à séduire massivement les indépendants et TPE/PME.

Aujourd’hui, ces nouveaux acteurs, dont la plupart bénéficient du régime de libre prestation de services, sont pointés du doigt par les autorités pour leurs risques.

Des acteurs à risques pour le client, mais aussi ….

Les banques traditionnelles et néo-banques se différencient sur la dématérialisation de la relation client et les montants des frais bancaires, mais surtout, sur la garantie des dépôts. En effet, les banques traditionnelles européennes possèdent un agrément d’établissement de crédit de la part de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) leur permettant, moyennant rétribution, une couverture en cas de défaut de paiement. C’est d’ailleurs le déclenchement des Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) qui viendra compenser le client à hauteur de 100 000 euros maximum.
Les clients d’une néo-banque n’ayant pas l’agrément de l’ACPR ne sont donc officiellement pas couverts si elle fait faillite.

…pour les gouvernements et les citoyens


L’autre risque inhérent au fonctionnement des néo-banques ne concerne pas directement le client, mais plutôt la société. Permettre à tout un chacun d’ouvrir un compte bancaire en ligne est la porte ouverte aux escroqueries diverses et variées comme le blanchiment ou le financement du terrorisme. En effet, certains comptes peuvent être ouverts avec une grande facilité et favoriser ainsi le blanchiment ou la réalisation d’activités lucratives illégales. La néo-banque outre-Rhin, N26, a déjà fait les frais de cette faille d’authentification en ouvrant des comptes à partir de faux documents d’identité découverts à postériori. De faux extraits KBIS peuvent également être façonnés pour ouvrir un compte sensé recevoir la trésorerie d’une société fictive.

Côté virement à l’international, les néo-banques, fonctionnant avec un personnel a minima, ne sont pas en mesure d’effectuer un suivi de conformité et de réaliser, par exemple, des déclarations de soupçons auprès de TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). Elles s’appuient sur leurs outils de surveillance informatiques qui ne peuvent détecter certaines subtilités comme le ferait un spécialiste en compliance.
Cependant, les néo-banques tentent d’éliminer ces failles et de répondre aux exigences légales par différents moyens : demander un premier versement depuis un autre compte bancaire détenu par le même titulaire, améliorer des algorithmes de détection des transactions suspectes ou s’appuyer sur l’authentification faciale biométrique.

Dans le bulletin de la Banque de France de l’été 2017, les experts du pôle Fintech-Innovation de l’ACPR soulignaient que  » la fintech peut créer dans le système financier de nouvelles vulnérabilités dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme si ses dispositifs de contrôle ne sont pas au niveau ».

Cet articlé a été écrit par Nicolas Gaiardo

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