Jacky Weisz, le diamantaire anversois impliqué dans l’affaire Diamantin

Le Monde du Trading: toute l'actualité avec Warning Trading février 8, 2018 07:20 aucun commentaire

Quel rôle a joué Jacky Weisz dans l’affaire Patri Diam ? Ce diamantaire anversois semble avoir prêté sa crédibilité de diamantaire installé et respectable à un call-center israélien, l’aidant à extorquer une Française de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Jacky Weisz est un diamantaire à l’air bonhomme, installé à Anvers « depuis trois générations ». Son créneau ? Vendre aux particuliers des diamants contenant des imperfections indétectables à l’oeil nu. C’est ce qu’il explique dans une vidéo d’autopromotion, visible depuis mai 2017 sur la chaîne Youtube d’une fédération de diamantaire belges dont il est l’un des administrateurs, la Antwerpen Diamond Industry BVGD.

Vendre des diamants présentant des impuretés au prix de pierres irréprochables

L’idée de Jacky Weisz est judicieuse même si sa vidéo n’a été visionnée qu’un peu plus de 300 fois à la date de publication du présent article. Depuis lors, il a poussé le concept Encore plus loin.

A cette fin, il aurait été approché par un collègue belgo-israélien en affaire avec un call-center israélien, afin de jouer le rôle d’intermédiaire à des ventes de diamants d’investissement aux particuliers et gagner en crédibilité. En échange d’une commission de 5% sur les transactions, ils auraient proposé à Jacky Weisz de passer par sa société, Weisz Diamonds Belgium BVBA et ses comptes bancaires pour faire transiter le paiement de diamants vendus par le call-center et fournis par un diamantaire israélien. Ce partenariat devait assurer des profits faciles à Jacky Weisz. Sauf que l’Anversois a manqué de vigilence sur le sérieux du call-center.

Parmi ses partenaires, l’inénarable Samuel Ben Baron, connu pour avoir vanté les avantages de l’investissement dans le diamant sur le plateau de BFM TV. C’est lui qui gère avec d’autres un call-center dédié à l’arnaque au diamant depuis les environs de Tel-Aviv, pour le compte de plusieurs sites tels qu’euro-diamant, Diamantin ou Diamépargne.

Jacky Weisz reçoit 270 000 euros en contrepartie de pierres surévaluées

C ‘est encore Samuel Ben Baron qui met Jacky Weisz en contact avec sa première victime, la Française interviewée dans l’enquête de Capital sur M6, une cliente de BROKER DEFENSE dont nous protégeons l’identité. Cette dame avaient déjà été floué par un premier site de faux investissement dans le diamant appartenant aux relations de Jacky Weisz. Disposant sans doute d’informations fiables sur le patrimoine de leur victime, les escrocs sont probablement décidé de faire appel à Jacky Weisz et à de vraies pierres pour la rassurer et continuer à la ponctionner. Il est même possible que le site Parti Diam n’aie été créé que dans ce seul et unique but car nous ne connaissons aucune autre victime de Patri Diam. L’Anversois l’aurait d’ailleurs implicitement confirmé à notre cliente. Nous incitons vivement une éventuelle autre victime de Patri Diam a prendre contact avec nous.

En mai et juin 2016, notre cliente a acheté en plusieurs fois 119 diamants d’une valeur oscillant entre 1000 et 2500 euros chacun environ, sauf pour une pierre vendue 24 793, 39 euros HT. Au total, elle paye ces lots un peu moins de 270 000 euros TTC via quatre virements sur des comptes bancaires au nom de Jacky Weisz et de la plateforme Patri Diam, tenus dans la succursale anversoise d’une banque indienne, l’ICICI.

Extrait d’une facture de vente de diamants émise par Jacky Weisz

Jacky Weisz évalue à 2500 euros un diamant qu’il a vendu lui-même 30 000 euros à une victime

Pour le compte de l’émission Capital, nous nous sommes donc rendus en caméra cachée dans le bureau de Jacky Weisz en nous faisant passer pour des bijoutiers désireux de lui acheter des pierres. Nous commençons par lui glisser la pierre à 25 000 euros pour qu’il l’estime sans savoir combien il l’avait vendue autrefois. Verdict: « je vois ça autour de 2000 et 2500 dollars ». Dix fois moins que le prix auquel Jacky Weisz a vendu cette pierre quelques mois plus tôt.

Pour lui, la suite de l’entretien va consister à essayer de justifier le prix auquel la pierre a été vendue. Un extraordinaire exercice d’équilibriste. Alors qu’il vient de donner à cette pierre le même prix que plusieurs experts parisiens, il met en cause ses propres compétences. « Je ne suis pas négociant dans ces pierres. (…) Ce n’est pas une science exacte. (…) Je ne suis pas un expert. (…) C’est possible que je me trompe. »

Pour Jacky Weisz, on ne peut pas lui reprocher d’avoir vendu 119 diamant à 270 000 euros, près de dix fois leur prix, parce que personne ne peut dire avec certitude le prix des pierres. Les critères seraient trop flous, surtout, lorsqu’il s’agit de diamants de couleur. Et les écarts de prix pourraient s’expliquer parce qu’il ne s’agit pas de transaction entre professionnels.

Ces pierres ont été soumises à un expert parisien Nous publions l’une des pages de son rapport. En rouge, il a systématiquement dévalué la qualité des pierres vendues par Jacky Weisz.

Page extraite du rapport d’expertise sur les pierres vendues par Jacky Weisz. La qualité des pierres a été systématiquement surestimée.

Participer à l’arnaque aux diamants et se considérer comme un simple intermédiaire

Pris en défaut, le diamantaire change de stratégie de défense. Il n’aurait été qu’un intermédiaire neutre pour le compte du call-center israélien de ses associés. Il conteste tout mensonge sur la valeur réelle des prix et rejette la faute sur le call-center auquel il reproche seulement d’avoir fait des promesses irréalistes de gains à la revente. Il ne serait que le livreur de pierres vendues par le call-center israélien et n’aurait touché qu’une commission de 5% ne correspondant qu’à cette intermédiation.

Si Jacky Weisz n’a été qu’un intermédiaire passif et ignorant, pourquoi n’a-t-il pas produit des factures correspondant à cette seule commission d’intermédiaire de 5%? Les factures que notre cliente a réussi à obtenir de haute lutte après maintes relances correspondent bien à des ventes de pierres, non à une prestation d’intermédiaire. L’en-tête et la signature de ces factures montrent d’ailleurs que la société de Jacky Weisz, « Weisz Diamond Belgium » et Parti Diam ne sont qu’une seule et même structure.

Dans ses échanges avec Jacky Weisz, notre cliente utilise cette adresse mail: [email protected] Jacky Weisz n’était donc pas un intermédiaire neutre. Il dirigeait Parti Diam et vendait lui-même les pierres de ce site. L’argent des paiements transitaient par un compte bancaire utilisé indifféremment par Patri Diam et la société de Jacky Weisz.

Juridiquement, quels que soient les liens organiques et contractuels entre Patri Diam et Weisz Diamonds Belgium, leur collaboration effective permet de considérer qu’il s’agit d’un seul et même groupe dont Jacky Weisz doit être considéré comme un dirigeant responsable et non comme un simple exécutant.

Exiger que l’acheteur modifie les statuts de sa société pour prévoir le négoce de pierres précieuses

La victime de Parti Diam a eu beaucoup de difficultés pour obtenir des factures de la part de Jacky Weisz. Pour accepter d’envoyer ces bordereaux, le diamantaire a posé une condition: que notre cliente modifie les statuts de son entreprise personnelle pour y ajouter l’activité d’achat et de vente de diamant. Elle n’était en rien obligée de le faire. Cela pouvait éventuellement lui permettre de récupérer la TVA sur le prix des pierres. Mais l’expert comptable de la victime s’est opposé à cette récupération de la TVA.

La suite de l’entretien en caméra caché nous a éclairé sur les motivations réelles de ce chantage. Se sentant incapable de justifier rationnellement le prix de ces pierres, Jacky Weisz pointe le manque de vigilance de sa victime, considérant qu’elle aurait du connaître le prix réel de ces pierres compte tenu de l’importance des montants investi. En clair, Jacky Weisz veut faire passer notre cliente pour une professionnelle du diamant, une experte qui aurait du savoir ce qu’elle achetait. En lui demandant de changer les statuts de son entreprise afin que sa raison sociale prévoit le négoce de pierre précieuses, le diamantaire prévoyait déjà de plaider que sa victime achetait à ce prix en connaissance de cause.

Jacky Weisz pense appuyer cette thèse en mettant en avant la validation de ces ventes par le « Diamond office », le département des douanes belges chargée des diamants. Ils ont laissé passer la transaction sans émettre d’objections et aux yeux de Jacky Weisz, cela signifie qu’il n’a rien à se reprocher.

A l’issu de cette conversation, Jacky Weisz a malgré tout proposé de reprendre ces pierres pour les revendre et rembourser notre cliente. Mais à ce jour, nous n’avons pas de nouvelles de cette proposition.

 

Nicolas Gaiardo

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