Le trading pour les particuliers : est-ce raisonnable ?

Courtiers régulés,France,L'oeil de WT,Le Monde du Trading octobre 17, 2016 22:17 aucun commentaire

 

Investir sur le Forex est aujourd’hui très simple. Nombreux sont les courtiers en ligne à proposer le trading en direct via des produits dérivés : le CFD est un élément privilégié pour accéder au marché alors que les options binaires prennent la forme de paris en ligne sur l’évolution des paires de devises. Le public composé à la fois d’amateurs comme de professionnels doit toutefois être averti : avec une mise minimale, espérances de gains mais aussi risques de pertes sont très élevés.

Acteurs régulés et AMF : deux visions opposées

Une multitude d’instruments financiers permettent aujourd’hui aux particuliers d’avoir accès au marché financier. Autrefois réservé aux professionnels, ce marché non centralisé a conquis une nouvelle cible grâce aux courtiers en ligne mais aussi à la directive européenne MiFID entrée en vigueur en 2007. Le CFD est le véhicule financier le plus utilisé pour intervenir sur le marché des devises. Il permet de trader sur une dizaine de milliers de valeurs. Le CFD donne donc la possibilité de prendre des positions bien supérieures à la taille de son compte en n’immobilisant qu’une faible partie de la valeur totale de l’investissement.

Si les particuliers se disent séduits pour la majorité par les services offerts par les plateformes de trading paradoxalement, cela ne signifie pas pour autant que la plupart d’entre eux gagnent leur vie grâce au trading. En effet, le CFD et le Forex donnent la possibilité de maximiser gains et pertes grâce à un véritable effet de levier signifiant que la position excède la taille du compte. Si certains acteurs affirment tout faire pour limiter ces risques pour les particuliers, un grand nombre d’entre eux perdent pourtant toutes leurs économies.

Le trading est-il une pratique positive pour les particuliers ? Selon les représentants des plateformes de trading, certains arrivent à gagner leur vie grâce à cette pratique, et plus de 80 % des particuliers sont satisfaits des services offerts par les acteurs régulés qui sont présents en France. Il s’agit d’un jeu à somme nulle et les clients restent satisfaits des services qu’on leur procure. Pour Vincent Ganne, analyste technique chez DailyFX/FXCM, cela correspond à du capital risque, chacun gère son épargne financière comme il le souhaite.

 

fxcm et ig sur le plateau de bfm placement

Selon Arnaud Poutier, directeur de IG France, le marché en France est relativement stable voire en légère régression puisque le nombre d’actifs tourne autour de 30 000. On est donc bien loin du marché allemand comprenant près de 90 000 actifs ou celui de la Grande Bretagne. Comment expliquer ce retard ? Depuis la fin 1998, le marché français est toujours en léger retard. Cela est principalement dû à un manque d’éducation, les Français favorisant le PEA, l’assurance-vie, ou encore OPCVM, où la gestion de l’épargne est primordiale.

L’AMF quant à elle, souligne que le trading est dramatique pour les particuliers dans beaucoup de situations. Elle constate deux principaux cas qui reviennent de manière récurrente à savoir : un certain nombre de plateformes de trading sont en situation irrégulière, basées à l’étranger ou non régulée avec un passeport provenant de Chypre. Ensuite, une étude importante a été réalisée auprès des plateformes régulées, montrant que 89 % en moyenne des particuliers sont perdants. Des contrôles récents ont été effectués confirmant ces chiffres. Elle souligne que 4 milliards d’euros ont été détournés auprès des particuliers français durant ces 6 dernières années.

Les plateformes de trading en ligne contestent leur responsabilité dans les arnaques aux particuliers

Arnaud Poutier conteste ce chiffre de 4 milliards. Selon lui, tout a été mélangé, le trading en ligne n’est pas responsable. Il souligne l’inefficacité des politiques et des mesures mises en place par l’AMF visant à assainir le marché depuis l’entrée en vigueur de la directive MiFID en 2007. De plus, parmi toutes les plaintes enregistrées par l’AMF en 2015, 32 sur 1600 concerneraient des brokers régulés en Europe en dehors de Chypre. Le vrai débat concerne donc la gestion de l’effet de levier selon les plateformes. Aux Etats-Unis, en Pologne et au Japon, les Etats ont limité l’effet de levier à 1:50.

 

Jean-François Filliatre, directeur éditorial de MarchésGagnants.com. répond clairement à la question en disant que le trading n’est pas adapté aux particuliers. Il insiste sur la notion de perception du risque. Selon lui, le problème est de présenter un univers du jeu comme un univers d’investissement. Par ailleurs, présenter des produits à effet de levier comme étant du capital risque génère d’importantes confusions.

L’incompréhension des acteurs régulés

Le marché des changes est le moins volatile comparé à tous les autres marchés. L’AMF souhaite interdire la publicité pour les produits financiers (Forex et CFD) qui offrent un effet de levier supérieur à 5. Si l’AMF impose des exigences strictes pour les courtiers, elle devrait également faire la même chose pour les grandes banques qui sont libres d’offrir des produits d’investissement aux particuliers avec un effet de levier important. Par exemple via les Turbos, Warrants, les bons de souscription et certificats qui comprennent des stratégies d’options complexes. La seule justification du régulateur français est que ces produits sont livrés avec un prospectus. Sur une plateforme de trading Forex, le client n’a pas l’obligation d’utiliser un levier de 50, il peut même investir sans levier. Sur un warrant, l’effet de levier est fixe. Pourquoi avoir décider de cibler uniquement le marché CFD, FOREX et Options Binaires ?

 

AMF sur BFM placement

L’AMF indique que l’article 28 du projet de loi Sapin 2 va entrer en vigueur dans les prochaines semaines. Au niveau européen la MIF va permettre à l’AMF d’interdire un certain nombre de produits. D’autres pays ont les mêmes problèmes qu’en France et commencent à mettre en place des interdictions : la Belgique l’a fait il y a deux mois, l’Allemagne ouvre une consultation pour le faire.

Selon Arnaud Poutier « on converge vers l’idée que le trading ne s’adresse pas à tous ». Le mieux serait donc de limiter la publicité aux acteurs régulés, et le faire sous contrainte d’une charte de communication. L’accès au marché de la publicité doit être conditionné. De plus, on peut très bien déterminer le type de site sur lequel une bannière publicitaire va être diffusée.

Si les plateformes affirment protéger et encadrer les particuliers, pour l’AMF, il est temps de freiner cette activité et au législateur de prendre des mesures sérieuses dans ce domaine.

Investir sur le Forex est aujourd’hui très simple. Nombreux sont les courtiers en ligne à proposer le trading en direct via des produits dérivés : le CFD est un élément privilégié pour accéder au marché alors que les options binaires prennent la forme de paris en ligne sur l’évolution des paires de devises. Le public composé à la fois d’amateurs comme de professionnels doit toutefois être averti : avec une mise minimale, espérances de gains mais aussi risques de pertes sont très élevés

Acteurs régulés et AMF : deux visions opposées

Une multitude d’instruments financiers permettent aujourd’hui aux particuliers d’avoir accès au marché financier. Autrefois réservé aux professionnels, ce marché non centralisé a conquis une nouvelle cible grâce aux courtiers en ligne mais aussi à la directive européenne MiFID entrée en vigueur en 2007. Le CFD est le véhicule financier le plus utilisé pour intervenir sur le marché des devises. Il permet de trader sur une dizaine de milliers de valeurs. Le CFD donne donc la possibilité de prendre des positions bien supérieures à la taille de son compte en n’immobilisant qu’une faible partie de la valeur totale de l’investissement.

Si les particuliers se disent séduits pour la majorité par les services offerts par les plateformes de trading paradoxalement, cela ne signifie pas pour autant que la plupart d’entre eux gagnent leur vie grâce au trading. En effet, le CFD et le Forex donnent la possibilité de maximiser gains et pertes grâce à un véritable effet de levier signifiant que la position excède la taille du compte. Si certains acteurs affirment tout faire pour limiter ces risques pour les particuliers, un grand nombre d’entre eux perdent pourtant toutes leurs économies.

Le trading est-il une pratique positive pour les particuliers ? Selon les représentants des plateformes de trading, certains arrivent à gagner leur vie grâce à cette pratique, et plus de 80 % des particuliers sont satisfaits des services offerts par les acteurs régulés qui sont présents en France. Il s’agit d’un jeu à somme nulle et les clients restent satisfaits des services qu’on leur procure. Pour Vincent Ganne, analyste technique chez DailyFX/FXCM, cela correspond à du capital risque, chacun gère son épargne financière comme il le souhaite.

 Selon Arnaud Poutier, directeur de IG France, le marché en France est relativement stable voire en légère régression puisque le nombre d’actifs tourne autour de 30 000. On est donc bien loin du marché allemand comprenant près de 90 000 actifs ou celui de la Grande Bretagne. Comment expliquer ce retard ? Depuis la fin 1998, le marché français est toujours en léger retard. Cela est principalement dû à un manque d’éducation, les Français favorisant le PEA, l’assurance-vie, ou encore OPCVM, où la gestion de l’épargne est primordiale.

L’AMF quant à elle, souligne que le trading est dramatique pour les particuliers dans beaucoup de situations. Elle constate deux principaux cas qui reviennent de manière récurrente à savoir : un certain nombre de plateformes de trading sont en situation irrégulière, basées à l’étranger ou non régulée avec un passeport provenant de Chypre. Ensuite, une étude importante a été réalisée auprès des plateformes régulées, montrant que 89 % en moyenne des particuliers sont perdants. Des contrôles récents ont été effectués confirmant ces chiffres. Elle souligne que 4 milliards d’euros ont été détournés auprès des particuliers français durant ces 6 dernières années.

Les plateformes de trading en ligne contestent leur responsabilité dans les arnaques aux particuliers

Arnaud Poutier conteste ce chiffre de 4 milliards. Selon lui, tout a été mélangé, le trading en ligne n’est pas responsable. Il souligne l’inefficacité des politiques et des mesures mises en place par l’AMF visant à assainir le marché depuis l’entrée en vigueur de la directive MiFID en 2007. De plus, parmi toutes les plaintes enregistrées par l’AMF en 2015, 32 sur 1600 concerneraient des brokers régulés en Europe en dehors de Chypre. Le vrai débat concerne donc la gestion de l’effet de levier selon les plateformes. Aux Etats-Unis, en Pologne et au Japon, les Etats ont limité l’effet de levier à 1:50.

 

Jean Francois Filliatre – MarchéGagnants

Jean-François Filliatre, directeur éditorial de MarchésGagnants.com. répond clairement à la question en disant que le trading n’est pas adapté aux particuliers. Il insiste sur la notion de perception du risque. Selon lui, le problème est de présenter un univers du jeu comme un univers d’investissement. Par ailleurs, présenter des produits à effet de levier comme étant du capital risque génère d’importantes confusions.

L’incompréhension des acteurs régulés

Le marché des changes est le moins volatile comparé à tous les autres marchés. L’AMF souhaite interdire la publicité pour les produits financiers (Forex et CFD) qui offrent un effet de levier supérieur à 5. Si l’AMF impose des exigences strictes pour les courtiers, elle devrait également faire la même chose pour les grandes banques qui sont libres d’offrir des produits d’investissement aux particuliers avec un effet de levier important. Par exemple via les Turbos, Warrants, les bons de souscription et certificats qui comprennent des stratégies d’options complexes. La seule justification du régulateur français est que ces produits sont livrés avec un prospectus. Sur une plateforme de trading Forex, le client n’a pas l’obligation d’utiliser un levier de 50, il peut même investir sans levier. Sur un warrant, l’effet de levier est fixe. Pourquoi avoir décider de cibler uniquement le marché CFD, FOREX et Options Binaires ?

 

L’AMF indique que l’article 28 du projet de loi Sapin 2 va entrer en vigueur dans les prochaines semaines. Au niveau européen la MIF va permettre à l’AMF d’interdire un certain nombre de produits. D’autres pays ont les mêmes problèmes qu’en France et commencent à mettre en place des interdictions : la Belgique l’a fait il y a deux mois, l’Allemagne ouvre une consultation pour le faire.

Selon Arnaud Poutier « on converge vers l’idée que le trading ne s’adresse pas à tous ». Le mieux serait donc de limiter la publicité aux acteurs régulés, et le faire sous contrainte d’une charte de communication. L’accès au marché de la publicité doit être conditionné. De plus, on peut très bien déterminer le type de site sur lequel une bannière publicitaire va être diffusée.

Si les plateformes affirment protéger et encadrer les particuliers, pour l’AMF, il est temps de freiner cette activité et au législateur de prendre des mesures sérieuses dans ce domaine.

Nicolas Gaiardo

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Nicolas Gaiardo

Tout a commencé le jour où l'entreprise pour laquelle je travaillais est entrée en bourse. En l'espace de quelques jours je venais de toucher du doigt ce monde financier. Avec un petit [...]

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