Les PEG sur devises – EURCHF

 

Il est une paire de devises au centre des discussions ces derniers jours : l’EURCHF.

En effet, on se rapproche dangereusement de son cours plancher, celui que soutiendra la Banque Nationale Suisse (BNS) à tout prix.

Parallèlement, un référendum doit avoir lieu à la fin du mois sur l’augmentation des réserves d’or du pays. Bien que peu probable, si cette mesure passait cela pourrait avoir un réel impact à long terme sur l’économie Suisse.

Et peut-être même de remettre en question le support défini par la BNS ? En tous les cas, ce type d’intervention étatique est très intéressant à analyser. On appelle cela un PEG.

Qu’est-ce qu’un PEG exactement ?

Le terme PEG vient de l’anglais « pegged« . Dans la finance de marché, ce mot signifie un contrôle des taux de change (« pegged exchange rate ») exercé par un état ou par une banque centrale.

Chaque PEG est forcément unique car il répond à un besoin, à un moment donné, d’infléchir l’économie d’un pays ou d’une zone économique (maîtrise de l’inflation, crise de confiance, stabilité des prix, dumping social, etc). Dans le cas de l’EURCHF par exemple, le but recherché est de ne pas pénaliser les industriels suisses exportateurs à cause d’une monnaie trop forte.

Un PEG peut prendre différentes formes :

    • l’étalon or ou argent
      • Convertibilité fixe d’une devise en or ou argent. Utilisé au début du XXème siècle
    • l’ancrage d’une monnaie avec une autre
      • Cas du Lev bulgare (BGN) échangé à prix fixe avec l’euro au taux de 1,95 pour 1
      • Cas du Yuan chinois (RMB) qui a longtemps été arrimé au dollar US avec un flottant de 0,3%
    • le soutien d’un prix plancher
      • Cas de la Suisse qui soutient le Franc Suisse (CHF) face à l’euro au cours d’échange de 1,2
      • Cas du dollar de Hong Kong (HKD) qui cote à un prix minimum d’échange de 7,75 avec le dollar US

Reconnaître un PEG graphiquement

Les PEG sont généralement d’une grande efficacité.

Les banques centrales peuvent certes injecter des liquidités de manière illimitée, mais surtout, c’est l’impact psychologique sur les traders qui fait que les cours se maintiennent.

On détecte alors un support et/ou une résistance marqués qui retiennent les prix à des niveaux planchers (seuils). Le cours continue à fluctuer mais sera toujours bloqué par ce plancher.

L’autorité monétaire locale (Hong Kong Monetary Authority) a défini un range de volatilité 7,75 à 7,85 qui tient depuis plus de 30 ans. Ces dernières années, c’est surtout le support à 7,75 qui a été testé à de nombreuses reprises.

Cas pratique : trader l’EURCHF

Les PEG intéressent les traders Forex car ils constituent à long terme un gain « garanti ».

La stratégie est simple : prendre une position swing lorsque le prix d’une paire de devise s’approche des cours planchers et attendre un mouvement inverse pour cette fois prendre ses bénéfices.

Prenons le graphique de l’EURCHF. C’était fin 2011, le franc suisse s’appréciait de façon rapide contre l’euro en pleine crise. La Banque Nationale Suisse (BNS) est alors intervenue avec une annonce fracassante : « La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher (1,2) avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée« . Le résultat a été immédiat !

 

  • 1 – appréciation rapide et continue du franc suisse face à l’euro
  • 2 – annonce de la politique monétaire de la BNS de soutien au franc suisse
  • 3 – correction baissière, convergence vers le prix plancher de l’EURCHF
  • 4 – crise de la dette dans la zone euro. L’EURCHF reste collé au prix plancher
  • 5 – renchérissement de l’euro, libre cotation
  • 6 – retour vers le prix plancher…

La stratégie de trading PEG consisterait donc ici à prendre des positions à l’achat sur l’EURCHF dès que le cours se rapproche de son plancher. Ensuite, attendre un rebond de 10, 100, ou même 1000 pips selon que l’horizon d’investissement soit de court-terme (rapides allers-retours) ou de long terme (tendance).

Limites de la stratégie
Cependant, deux scenarios peuvent mettre à mal cette stratégie. Premièrement que la BNS décide soudainement de stopper son soutien au franc suisse ou bien de définir un nouveau support. On se protègera de ce risque avec un stoploss placé au minimum 300 pips sous le cours plancher (soit 1,9700).

Le second risque est de voir son capital impacté négativement par les rollover journaliers (swaps). Selon le bon vouloir de votre broker, le rollover sur l’EURCHF pourra en effet être positif comme négatif. Une donnée très importante à vérifier et à calculer avant de s’engager dans ce type de trade !

 

Nicolas Gaiardo

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