Aide aux victimes d’arnaques

L'industrie des arnaques sur internet

L’industrie des arnaques financières en ligne font désormais partie du paysage d’Internet. Aucun gouvernement ne semble en mesure de pouvoir réellement les arrêter parce que aucun gouvernement ne s’attaque aux raisons pour lesquelles ces arnaques se sont développées massivement sur Internet. Warning Trading avance quelques propositions pour lutter VRAIMENT contre les arnaquesfinancières sur internet
  • Un phénomène de masse

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C’est ainsi que le rapport de 2018 de la délégation ministérielle aux industries de sécurité et à
la lutte contre les cybermenaces décrit l’explosion des arnaques en ligne.

5 à 6 000 faits de délinquance cyber sont constatés chaque mois. Près de 63 000 par an.
67 % sont des attaques à la carte bancaire, qui ont touché 320 000 personnes en 2017.

Les revenus générés par la cybercriminalité dépassent depuis 2014 les revenus générés par
le trafic de drogue, soit plus de 290 milliards
de dollars.

En 2019, Pharos, la plateforme de la police chargée de recevoir les signalements de contenus illicites a reçu 229 000 signalements. La moitié de ces signalements sont des arnaques et escroqueries financières, soit 315 signalements par jours et seulement 28 policiers pour s’occuper de ces 115 000 signalements d’arnaques en ligne.

Image d'escroc
  • Des milliards € extorqués aux épargnants français chaque année

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Impossible d’avoir une idée précise des sommes extorquées au total. Les quelques statistiques disponibles laissent supposer des montants bien plus importants.
En 2016, le Procureur de la République de Paris estimait à 4,5 milliards d’euros le total des sommes extorquées aux épargnants français par les seuls sites de trading, régulés et non régulés confondus.

Entre 2017 et 2019, l’AMF, l’ACPR et le parquet de Paris ont calculé que les épargnants français avaient perdu près d’un milliard d’euros dans de faux produits financiers en ligne.

En 2019, pour la première fois, l’AMF a reconnu dans une conférence de presse que “Sauf exception, on ne récupère jamais les sommes investies” dans ces arnaques. C’est un aveu d’impuissance rarissime de la part d’une autorité publique. Il explique à lui seul cette prospecté
du vice.

Entre 2014 et 2019, les fameuses « fraude au président » contre les entreprises ont été multipliées par 13. Les pertes étaient estimées à 60 millions de dollars en 2014. En 2018, elles ont dépassé la barre du milliard de dollars.



  • Des autorités débordées

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Gérée par 28 enquêteurs (des effectifs jugés très insuffisants par certains élus de l’opposition),
la plateforme a recueilli 228.545 signalements sur l’année 2019. Un chiffre en « augmentation régulière » depuis sa création en 2009, indiquait
le ministère de l’Intérieur en mai dernier. Sur ces signalements, entre 4.500 et 6.500 concernent chaque année une menace terroriste, bien loin derrière les escroqueries et arnaques financières, qui concentrent à elles seules plus de la moitié des signalements.

Outre des effectifs limités, il est aussi reproché à Pharos de ne pas permettre une suppression rapide des contenus illicites sur les réseaux sociaux. Si les autorités disent travailler à une collaboration plus étroite avec Twitter, Facebook ou encore Snapchat, la mission de la plateforme est avant tout d’alerter et de mettre en relation les autorités compétentes sur ces délits. Pour effacer un contenu jugé délictueux, le plus efficace reste donc de le signaler directement aux réseaux sociaux, qui disposent de leur propre système de modération – même si le manque de fiabilité et de réactivité de leurs services est souvent critiqué. Un sujet que devrait aborder
la ministre Marlène Schiappa, qui a rencontré
les responsables des principaux acteurs
du secteur.

Depuis 2019, plus de la moitié des appels cellulaires passés dans le monde sont des arnaques. Cela représente un peu plus de 40 milliards d’appels passés par des escrocs chaque année. Cette proportion était de 3,7 % en 2017.

  • La police décourage les victimes qui veulent porter plainte !

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L’ampleur prise par les arnaques en ligne est telle que les policiers finissent par dissuader les victimes de porter plainte pour orienter vers une simple main courante. A tel point que les statisticiens de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales ont détecté des incohérences dans les chiffres. Entre 5 000 et 10 000 faits se seraient ainsi volatilisés ! Une circulaire de la Chancellerie aux procureurs généraux condamne pourtant fermement cette pratique.

80 % des victimes d’arnaques ont été approchées via internet, leur téléphone ou un email.

Ces arnaques prospèrent sur la faiblesse de la réponse pénale et judiciaire. En 2017 et 2018, Seulement 7 % des victimes portaient plainte. 2 % se contentaient d’une main courante. Et 83 % ne recevaient aucune suite… Dans ces conditions, l’arnaques sur internet a de beaux jours devant elle…

  • Les lois d’internet sont une aubaine pour les escrocs

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De tous les faits qui précèdent, une conclusion s’impose : le système légal actuel est totalement inefficace pour lutter contre les arnaques financières.

Depuis une dizaine d’année, les arnaques en ligne ont explosé. Tous les jours, nous recevons des signalements de nouvelles arnaques. Ce sont
des structures entreprenariales sophistiquées comparables à n’importe quelle entreprise classique. Mais elles sont dédiées à des activités illégales.

Elles trouvent à leur disposition tous les outils permettant de contourner les lois pour faire prospérer leurs affaires: des paradis fiscaux pour héberger anonymement des sites internet et blanchir l’argent volé, des circuits bancaires respectables pour recevoir l’argent des victimes et le faire disparaître, des sites de presse et
des régies publicitaires sur internet relayant complaisamment des publicités pour
des arnaques, des fournisseurs de services techniques fermant les yeux sur l’utilisation faite de leurs produits, comme la location de numéros de téléphone locaux…

La loi dite « Sapin 2 » de 2016 a interdit
la publicité pour les produits financiers toxiques. Est-ce que cette publicité a disparu d’internet ? Non.

La même loi a créé le statut d’ « intermédiaire en biens divers » pour lutter contre les offres d’investissement atypiques. Est-ce que ces offres ont disparu d’internet ? Non.

  • Les arnaques en ligne et débat sur la liberté d’expression

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Avec internet, nous sommes confrontés à une « dérégulation du marché de l’information ». Internet érode la confiance garantie par nombre d’institutions (presse, Etat, science, démocratie…).

Le débat public se porte donc d’une façon de plus en plus pressante sur la régulation d’internet.
Les cas les plus souvent cités comme problématiques sont par exemple les fake news en politique, les lynchages médiatique, les diffamations publiques, les appels au meurtre,
la diffusion de l’islamisme politique, etc…

Mais l’on oublie systématiquement d’y inclure l’inflation d’arnaques en ligne, qui sont elles aussi une conséquence de cette dérégulation du marché de l’information.

Nous militons pour que le débat public sur
la régulation d’internet prenne en compte l’inflation des arnaques en ligne.



Carte de crédit
  • L’arnaque est désormais une
    industrie comme les autres

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En Israël, le scandale des arnaques au forex et aux options binaires a montré qu’il s’agissait désormais d’une véritable industrie. Elles emploient des dizaines de milliers de personnes, elles prennent la forme d’entreprises légales qui n’éprouvent plus le besoin de se cacher, elles drainent des centaines de milliers de dollars
de capitaux qui investis dans une véritable « recherche et développement » de l’arnaque, elles disposent de son propre marché du travail avec ses « chasseurs de tête » et autres agences spécialisées (par exemple).

L’opinion publique israélienne a pris la pleine mesure de la puissance de cette industrie lorsque le gouvernement a élaboré une loi visant à l’interdire. Le secteur entier a orchestré une formidable campagne de lobbying contre l’initiative gouvernementale. Avec un succès incontestable.

Pour comprendre le danger représenté par
la puissance de cette industrie, il faut méditer l’analyse publiée en 1894 par le sociologue Emile Durkheim sur le crime. Durkheim décrit la criminalité comme un phénomène normal, propre à toutes les sociétés humaines. Le crime n’est véritablement un signe pathologique que dans les sociétés où il est soit inexistant,soit omniprésent.

Les témoignages de repentis dénotent une grave absence du moindre sentiment de culpabilité. Ils corroborent l’impression qu’un barrage moral a cédé. Dans cette industrie, les salariés racontent qu’ils n’ont pas vraiment l’impression de faire du mal. Leurs victimes sont tellement loin. Ils ne les verront jamais. Ils ne tuent personne. Et leur vie est assez difficile pour justifier à leurs propres yeux ces comportements.

Avec Internet, la criminalité n’est plus « régulable », comme un phénomène sociologique inhérent à toute société (Emile Durkheim, 1894). Il devient
la norme.

  • L’ère de la « bourse casino »

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La multiplication des arnaques aux faux investissements est l’une des conséquences logiques de la libéralisation financière qui a commencé au début
des années 80. Le mythe d’un secteur financier producteur autonome de richesse et la légende du trader capable de générer des fortunes en quelques clics devant son ordinateur ont envahi les inconscients collectifs. Mais sous les traits du rêve de faire fortune et d’indépendance, nous avons assisté à
une régression séculaire vers une époque pas si lointaine où les jeux d’argent et les paris boursiers étaient parfaitement confondus.

Les paris sportifs ont été libéralisés en 2010. 10 ans plus tard, l’addiction a explosé. On flatte les rêves de fortune des parieurs dont une microscopique minorité réussit à gagner de l’argent. Mais cette « liberté » individuelle dévoyée a un prix collectif: la santé publique. Comme pour les ravages du tabac ou de l’alcool, les conséquences de cette « libéralisation » est prise en charge par l’hôpital public. Pire, les sites de paris sportifs s’exposent dans l’espace public. Ils sont vus tous les jours par des mineurs alors que les paris leurs sont interdits.

  • Un drôle de mélange des
    genres

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Comme nous l’avons expliqué dans l’une de nos vidéos, il n’y a pas de différence de nature entre investissement boursier et jeu d’argent. Pendant longtemps, la loi française les a traité de la même manière. Considérant les effets sociaux délétères des jeux d’argent, la loi protégeait les joueurs pathologiques en interdisant que l’on puisse réclamer en justice une dette de jeux. Tous les jours Jusqu’à ce que le législateur décide de retirer les paris boursiers de la législation sur les jeux d’argent, pour stimuler l’économie. Mais d’un point de vue psycho-sociologique, les paris boursiers restent des jeux d’argent. Et les margoulins ont toujours été tentés de la confondre pour rouler des épargnants.

L’exemple le plus connu, c’est probablement Jordan Belfort, incarné au cinéma par Leonardo Di Caprio dans le film de Martin Scorsese, « Le Loup de Wall Street ». Et ce n’est pas un hasard si « Le Loup de Wall Street » est devenu LA référence à suivre pour les escrocs du forex et des options binaires.

Mais depuis les années 2000, ce ne sont plus quelques cas isolés. La loi et les pratiques ont réintroduit la confusion entre paris boursiers et jeux d’argent, mais cette fois ce ne sont pas les paris boursiers qui ont été retirés des jeux d’argent, ce sont les jeux d’argent qui ont été présentés comme des paris boursiers.

  • Les passagers clandestins de
    l’Union européenne

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En mars 2021, l’AMF a publié une étude basée sur les statistiques de plaintes qu’elle reçoit. Il ressort que 60 % des réclamations et des pertes déclarées auprès de l’AMF concernent des acteurs établis à Chypre. L’île la plus orientale de l’Union européenne est un paradis fiscal et réglementaire où les entrepreneurs de l’arnaque aux faux investissements sont accueillis à bras ouverts. Dans la construction d’un marchés financier libre à l’intérieur de l’Union européenne avec les directives MIFID, Nicosie a fait le choix de la dérégulation et de l’application laxiste pour créer un effet d’aubaine et attirer cette activité sur son territoire en fermant les yeux sur la réalité de cette activité.

Chypre sert surtout de cheval de Troie. L’essentiel de cette industrie est encore plus à l’est, à 300 km de l’île, en Israël. C’est là que cette industrie a trouvé les conditions idéale d’une croissance phénoménale: compétences linguistiques et culturelles, compétences informatiques, protections juridiques, industrie du jeu d’argent puissante, négligence des autorités… Jusqu’à ce que le scandale éclate grâce à l’engagement remarquable du Times of Israël et de l’une de ses journalistes, Simona Weinglass, qui a lancé le plus gros pavé dans la marre avec un article paru le 23 mars 2016 et intitulé “les loups de Tel-Aviv : la vaste et immorale arnaque aux options binaires révélée”. Le scandale qui s’en est suivi a abouti à une interdiction législative minée par des lobbys dont l’opinion public découvrait à cette occasion l’incroyable puissance.

  • L’arnaque est désormais une
    industrie comme les autres

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A chaque débat sur la régulation d’internet,
les partisans d’une régulation plus grande sont aussitôt accusés d’être « liberticides ».

La liberté ici défendue est bien celle du « renard libre dans un poulailler libre », autrement dit la loi de la jungle, qui est une puissante incitation à
la délinquance financière. Les dangers qui guettent la liberté en général et la liberté d’expression en particulier ne sont pas là.

Réguler internet, cela consiste moins à se demander ce qu’on à le droit de faire ou de ne pas faire sur internet que de trouver un moyen efficace d’appliquer ces règles. Les règles existent pour lutter efficacement contre les arnaques en ligne. Sont interdit sur internet, la publicité pour les arnaques, les sites anonymes, l’appel au meurtre et à la haine, les fausses informations… Ces règles sont-elles respectées ? Non.

L’enjeu essentiel de la régulation d’internet, c’est donc surtout la mise en place de procédures d’application des lois et règlements bien plus efficaces et rapides.




  • Le blocage d’un site

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Sur Warning Trading, pour lutter contre les arnaques en ligne, nous avons publié plus d’un millier d’articles, simplement en décortiquant ce qu’elles proposent. Si nous l’avons fait, des autorités publiques pourraient le faire. Et si elles disposaient d’un pouvoir de blocage de ces sites à priori, sans passer par un juge, la lutte contre ces arnaques en seraient considérablement renforcée.

Il n’y a que de cette façon que l’on pourra faire régner le droit sur internet comme il régule
les rapports sociaux dans la vraie vie.

Si le délai de blocage d’un site internet est de deux mois dans le meilleur des cas, c’est que cette procédure est inefficace pour lutter contre les arnaques. Cela pouvait fonctionner avant internet, quand les moyens de communication passaient essentiellement par l’impression sur
du papier et que monter une arnaque ne pouvait pas se faire sans mobiliser des moyens matériels difficiles à dissimuler.

Quelques timides procédures aménagées, pour bloquer plus facilement et rapidement des sites illégaux ont été mises en place par le législateur. L’Autorité Nationale des Jeux a été pionnière en
la matière. Elle réussit à faire bloquer près de 250 sites par an. Elle a été copiée par l’AMF qui a demandé et obtenu une procédure similaire.

Avec internet, la communication est entrée dans une nouvelle ère. Les garants du bien public ne l’ont pas encore compris.

Ils sont tétanisés à l’idée qu’on puisse leur reprocher de copier le modèle chinois de régulation d’internet. La Chine est l’épouvantail de la régulation d’internet dans les démocraties.

Il faudra certainement encore beaucoup d’abus et de victimes avant que l’on se décide à frapper fort.

Des propositions pour mettre
fin aux arnaques en ligne

  • Classer les offres de trading à destination des particuliers dans la catégorie des « jeux d’argent », l’interdire ou la réserver à
    des catégories d’investisseurs hors de portée des simples particuliers.
  • Permettre le blocage administratif d’un site ne disposant pas de mentions légales ou
    de mentions légales complètes.
  • Bloquer systématiquement et administrativement tous les sites hébergés dans des « paradis fiscaux » qui autorisent l’hébergement anonyme.
  • Rendre les titres de presse et les sites internet en général pénalement responsables des contenus diffusés par
    les publicités qu’ils diffusent pour des arnaques.
  • Interdire aux sites de presse les publireportages, les articles partenaires et les liens sponsorisés natifs pour des arnaques avérées.
  • Elargir les législations sur les Fake News aux publicités pour des arnaques.
  • Créer une liste rouge, passage obligé pour les offres d’investissement louches, avant de les placer sur une liste noire, car cela peut prendre actuellement plusieurs mois.
  • Obliger les banques à s’assurer que le nom du bénéficiaire d’un virement bancaire est bien celui du titulaire du compte vers lequel ce virement est prévu, pour empêcher
    les usurpations d’identité.


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