Chez Admiral Markets, 8 clients sur 10 perdent leur argent

Courtiers régulés Philippe Miller Publié le 12 janvier 2021 à 10:55
Admiral Markets trading

Admiral Markets, se présente comme courtier leader en France. Leader de quoi ? Des pertes de ses clients ? La publicité est interdite pour ce genre d’investissement. Alors Admiral Markets recourt massivement à une publicité déguisée: le publi-reportage.

Au commencement, Admiral Markets s’appelait Admiralex

Admiral Markets ne s’est pas toujours appelé Admiral Markets. A la création du site, en 2013, il s’appelait « Admiralex Ltd ».

Il s’est installé à Chypre et n’a plus quitté le pays. Juridiquement en tout cas car on trouve de employés d’Admiral Markets en Hongrie, en Estonie, en Roumanie, en Turquie, en Inde, en Indonésie, en Suisse, en Ukraine, en Espagne, au Portugal, en Uruguay, en Bosnie-Herzégovine et en France. Sans doutes tous ses employés ne sont-ils pas des salariés directs d’Admiral Markets mais plutôt un genre d’apporteurs d’affaires.

En effet, Admiral Markets trouve ses clients de cette manière et en vendant des plateformes de trading « clé en main », en marque blanche.

Des employés très mondialisés

Preuve de cette stratégie de développement, sur le site d’Admiral Market, c’est Faustin Prieux qui vous propose par chat de répondre à vos questions. Or Faustin Prieux vit entre la France et la Suisse; Il travaille pour Admiral Markets, mais aussi pour FPX Swiss Capital et FPX Global Investments, comme d’autres employés multicartes de cette entreprise.

Cristina Huma, directrice et chargée de communication

C’est également le profil de Cristina Huma, la directrice d’Amiral Markets. Ancienne d’XTB, un autre courtier chypriote, elle cumule ses fonctions de direction avec deux autres mandats. Elle a fondé Sur Mesure Services et BK SEO. Ce dernier est enregistré dans le domaine du “conseil pour les affaires” tandis que Sur Mesures Services est évolue dans le domaine des “Travaux de Menuiserie, bois et PVC”.

Comme l’indique son nom, BK SEO est une entreprise de “Search Engine Optimisation”. Son objectif est donc de permettre à ses clients d’apparaître tout de suite quand on fait des recherches sur eux dans Google.

Cristina Huma est donc à la fois la directrice d’un courtier et la directrice d’une entreprise d’amélioration du référencement sur internet. Le lien entre les deux activités apparait clairement quand on découvre les formidables efforts qu’elle déploie pour promouvoir le référencement d’Amiral Markets sur internet.

En effet, Cristina Huma n’est pas que directrice d’Amiral Market, elle en est également la chargée de communication externe. Ses coordonnées ont à la disposition des journalistes. Deux fonctions rarement cumulées dans les entreprises de cette taille. Plus souvent dans les micro-entreprises.

C’est peut-être une duplication du modèle anglais de l’entreprise, dans lequel son fondateur, Jens Chrzanowski, est à la fois directeur-fondateur et en charge des relations avec la presse. Chrzanowski est un ancien conseiller de FXCM.

Des publi-reportages illégaux ?

Cristina Huma est interviewée par Le Figaro dans format assimilable à du Publireportage. Cet article précise en effet qu’il s’agit d’un “contenu conçu et proposé par Delta Direct Live. La rédaction du Figaro n’a pas participé à la réalisation de cet article”.

Ce n’est pas un cas isolé. On retrouve exactement les mêmes publicité-reportages favorables à Admiral Markets sur Le Point, Challenges, sur La Tribune en plus subtil ou encore dans la presse quotidienne régionale avec l’Est Républicain

Ou encore dans Le Bien Public.

Curieusement, Admiral Markets met également en avant des articles de titres de presse qui ne parle pas du tout de lui, comme un lien vers un article publié sur Mediapart.

Cependant il ne s’agit pas ouvertement de publicité. Il s’agit de ce que l’on appelle des publireportages, c’est-à-dire des publicités qui prennent la forme d’articles de presse. Ces publicités sont redoutablement efficaces parce qu’elles jouent sur la confusion entre information journalistiques et publicité promotionnelle. Nous avons expliqué cette stratégie dans une interview d’un spécialiste du marketing internet.

Raphael Richard, expert en marketing digital

Pourquoi ces publicité-reportages et pas des publicités ? Tout simplement parce que la publicité pour ces produits est interdites par la loi française. Cela remonte à la loi dite “Sapin 2” de 2016. Alors les courtiers croient pouvoir contourner cette interdiction en passant par le publireportage. Seulement, le publireportage est assimilable à de la publicité. Et ce faisant, Admiral Markets prend de gros risques avec la loi française.

80% des clients d’Admiral Markets perdent leur argent

Si la France a interdit la publicité pour les sites tels qu’admirai Markets, c’est parce qu’elle a considéré qu’ils étaient bien trop dangereux pour les épargnants ? Pour le vérifier, il suffit d’aller sur le site d’Amiral Markets.

77% des clients d’Admiral Markets perdent de l’argent chez ce courtier. Ce chiffre que l’on trouve sur le site même d’Admiral Markets confirme les études menées par l’Autorité des marchés financiers, qui confirme que 9 traders particuliers sur 10 perdent leur argent. Les épargnants doivent donc absolument fuir ce genre d’investissement.

Le procureur de la République de Paris, François Moins, a estimé en 2016 que les sites comme Admiral Markets ont extorqué près de 4,5 milliards d’euros à des Français. Bien plus depuis lors.

Nous avons échangé avec un trader particulier qui a perdu près de 8 000 dollars sur un compte qu’il avait ouvert chez Admiral Markets. Le site était subitement tombé en panne et son conseiller subitement devenu injoignable.

Des publicités illégales dans la presse française

Malgré ces risques invraissembables de pertes en capital, Admiral Markets a réussi à nouer des partenariats publicitaires avec des médias français respectables tels que Le Figaro

Il nous a également été signalé que des apporteurs d’affaire d’Admiral Markets recrutaient des clients pour le compte du site sur Tinder. Curieusement, ces apporteurs d’affaire sont toutes des femmes d’origines asiatiques qui expliquent gagner des fortunes grâce au trading mais qui ne sont jamais disponibles pour des rencontres physiques…

Depuis peu, Admiral Markets cible la clientèle africaine, en achetant des publicité-reportage-reportage dans la presse locale, comme dans Le Journal du Cameroun. Sous couvert d’information neutre, ces articles sont en réalité des publicités déguisée pour le site de trading.

Des bureaux Régus Place Vendome

Admiral Markets se donne comme adresse parisienne le 10 Place Vendrome. Une adresse prestigieuse. En réalité, elle loue une boite aux lettres chez Régus, l’un des plus gros loueurs de bureaux et de boites aux lettres à des adresses prestigieuses.

Admiral Markets dispose de trois licences d’exercice. Celle délivrée par Chypre permet au site de proposer ses services dans l’ensemble de l’Union européenne. Une autre licence délivrée par l’autorité financière anglaise lui permet d’exercer outre-manche. Enfin, elle dispose d’une licence d’exercice délivrée par l’Australie, dont elle se sert probablement pour proposer ses services pour se libérer des contraintes de la régulation Européenne .

C’est en France qu’est l’essentiel du traffic du site d’Amiral Markets (13%), suivi par l’Allemagne (6%), l’Espagne (4,5%) et la Pologne et le Brésil (4% chacun). Des chiffres qui ont été puissamment stimulés par les récents confinements.

Philippe Miller

Cet article a été écrit par Philippe Miller
Journaliste professionnel, télé et web, carte de presse n°115527, depuis 2010, spécialiste des arnaques financières, des paradis fiscaux et des mafias.

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