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Placement en bois pour banque en « carton » au Portugal

Toutes ces escroqueries aux faux investissements ne peuvent fonctionner que par le biais de réseaux bancaires impuissants et inexercés à vouloir assurer le contrôle obligatoire du blanchiment d’argent. Récit d’une victime française qui à défaut de passer une retraite bien méritée se retrouve dans un avion en direction du Portugal afin de tout tenter pour récupérer l’épargne de toute une vie.

Comme chacun le sait, le Portugal est une terre d’accueil pour nos retraités européens. Le climat est doux, les températures descendent rarement en dessous de 10 degrés et le pouvoir d’achat y est plus attrayant. Cependant, le charme du Portugal s’estompe rapidement quand il s’agit de mentionner le nombre important de victimes d’escroqueries astucieuses aux faux investissements ayant versé plusieurs centaines de million d’euros dans des banques portugaises.

Le Portugal l’eldorado des « escrocs »!

Vous avez besoin d’un compte bancaire pour faire vos magouilles ? Pas de problème, certaines banques portugaises sont à votre écoute pour vous ouvrir un compte bancaire afin de recevoir les millions d’euros de vos proies… Cela fait froid dans le dos mais c’est pourtant la triste réalité. La création d’une entreprise via un cabinet d’avocat véreux ou peu curieux de votre activité, une domiciliation, un gérant de paille récompensé de quelques milliers d’euro et le tour est joué. Vous voilà en situation de faire votre business lucratif d’escroc.

Dans notre histoire, tout commence le 3 septembre 2019. Un soi-disant Laurent CASTEL se présente comme gestionnaire de compte à la Banque d’Investissements du Luxembourg (BLI), il contacte par téléphone Gérard, notre retraité, afin de lui proposer des placements sans risque dans le cadre d’un livret dit « boosté ».

Gérard, ancien cadre d’une grande entreprise, qui œuvré dans le domaine des ressources humaines, est plutôt de nature méfiante et va vérifier auprès des autorités compétentes ainsi que sur le registre des agents financiers (Regafi) l’existence réelle de la BLI. Tout semble correct, y compris les contrats envoyés par Laurent CASTEL, Gérard accepte donc d’effectuer quatre versements pour une somme de 200 000 euros auprès de ce qu’il croit être la Bnaque du Luxembourg (BLI), et non pas sur un compte d’une banque portugaise, la BPI à Lisbonne! En effet, le RIB de l’escroc, une véritable supercherie, fait volontairement l’amalgame entre BLI et BPI.  Gérard, peu au fait de ces pratiques, ne s’en aperçoit guère

Emission de TVi24 du 22 octobre 2019 intitulée : les banques portugaises utilisées dans un réseau international de blanchiment d’argent

Ma banque ne m’a pas alerté d’un risque d’escroquerie quand j’ai demandé d’effectuer ces quatre virements. 

Gérard

C’est à la suite des deux derniers virements que Gérard a tenté de contacter directement la banque (BLI) afin de s’assurer que tout était en ordre. Devant l’incompréhension de son interlocuteur de la banque (BLI), Gérard comprend qu’il vient faire l’objet d’une escroquerie aux faux investissements, Laurent CASTEL à usurpé l’identité de la banque du Luxembourg. Il est inconnu dans le registre des collaborateurs de la banque (BLI).

Tout entreprendre pour récupérer son argent.

Devant cette situation inimaginable, assommé, Gérard décide de déposer plainte à la gendarmerie et prévient immédiatement sa banque afin de demander le blocage des derniers virements récents. Par chance le dernier paiement avait été annulé par sa banque au motif que deux paiements avaient été initiés le même jour. 50 000 euros récupérés sur 200 000 euros, Gérard n’allait pas en rester là. Avec le concours de l’agence BROKER DEFENSE une avocate portugaise a été mandatée pour intervenir le plus rapidement possible auprès de la banque bénéficiaire des fonds: la BPI

BROKER DEFENSE propose alors à Gérard de se rendre au Portugal afin de rencontrer le directeur de la banque BPI à Lisbonne en présence de l’avocate. Billets d’avion en poche, nous nous étions donnés rdv devant l’agence prêts à en découdre afin de réclamer le retour des fonds. Une équipe de journalistes portugaise de la chaine TVI24, nous accompagnait dans cette tentative de récupération.

Après deux heures de discussions infructueuses et stériles pour nous voir entendre dire que l’éternel secret bancaire oblige et qu’aucun retour ne peut être envisageable sans l’accord du titulaire du compte du client de la banque BPI ou à la suite d’une décision de justice. 

Echanges houleux avec le directeur d’agence et l’avocate de BROKER DEFENSE

Cependant, au vu de nos explications, la banque a signalé auprès de son siège ce compte mais a refusé de nous donner plus de détails en invitant Gérard à déposer une plainte au Portugal, aussitôt fait par son avocat portugais qui non seulement a déposé plainte contre la société bénéficiaire du compte bancaire mais également contre la banque BPI dans le cadre de ses obligations prudentielles de vigilance et de vérification « KYC ». 

Manifestement cette dernière n’ayant pas pris les mesures adéquates lors de l’ouverture du compte et pendant les semaines qui ont suivies laissant en toute impunité des escrocs utiliser ce compte bancaire pour tromper de nombreuses victimes, dont Gérard.

L’indignation et l’incompréhension

Beaucoup de questions taraudent Gérard sur la manière dont les banques émettrices comme bénéficiaires rejettent les fautes sur les victimes sous prétexte qu’elles ont d’elles-mêmes versé leur argent, sans prendre une seule part de leur responsabilité. Quant aux autorités judiciaires, elles préfèrent ne pas s’occuper de ces « désagréments »… au motif qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public ! La grande majorité des plaintes finissent en classement sans suite.

Une association va naître

Au regard, des pratiques douteuses de certaines banques, et, face à l’indifférence des autorités judiciaires, il faudrait aujourd’hui pouvoir faire « sauter » le fameux Secret Bancaire, arme précieuse qu’utilisent les malfrats, afin de faire cesser leurs astucieuses opérations d’escroquerie financière.

Pour ce faire, une association doit être créée afin de sensibiliser les législateurs européens, les autorités judiciaires européennes, ainsi que les banques européennes.

Objectif : faire tomber le sacro-saint prétexte du Secret Bancaire pour lutter concrètement contre la cybercriminalité financière, en faisant reconnaître la responsabilité des établissements bancaires prises en défaut !

Cet articlé a été écrit par Nicolas Gaiardo

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