Depuis quelques semaines, Nicolas se bat pour faire connaître son histoire et obtenir justice. Ancien entrepreneur en bâtiment, il s’est reconverti dans le trading en suivant les cours de Jean-Louis Cussac et de Perceval Finance Conseil. A la suite de pertes massives, il met en cause les enseignements et les conseils qu’il a reçus.
« Si je n’étais pas dyslexique, je n’aurais jamais rencontré Jean-Louis Cussac »
« Si je n’étais pas dyslexique, je n’aurais jamais rencontré Jean-Louis Cussac » raconte Nicolas Lafortezza, rencontré à la terrasse d’un café de Carpentras. C’est sa façon à lui de résumer son parcours, marqué par une dyslexie sévère diagnostiquée l’année de ses 6 ans.
S’il quitte l’école à l’âge de 15 ans pour devenir couvreur-zingueur, c’est uniquement parce que sa dyslexie l’empêche de pousser plus loin des études impossibles à moins d’adaptations pédagogiques inexistantes à cette époque. Si tout cela s’était déroulé 20 ans plus tard, sans doute aurait-il trouvé sur son chemin les structures éducatives naissantes adaptées au câblage mental des dyslexiques. Et du coup, sans doute n’aurait-il pas rencontré Jean-Louis Cussac.

Son appétit de savoir et comprendre l’économie, il a du renoncer à l’acquérir dans les écoles et les universités. Il est allé le chercher ailleurs. A 17 ans il suit assidument Jean-Pierre Gaillard et Marc Fiorentino. A 18 ans, il achète ses premières actions, des Thomson-CSF que l’État privatise. Il a vingt ans quand il ouvre son PEA qu’il fait grandir en même temps qu’il crée et fait prospérer sa propre société de couverture en bâtiment.
Mais après 10 ans d’activité, Nicolas se lasse. Certes, il emploie 5 salariés et réalise un chiffre d’affaire confortable, jusqu’à 750 000 euros de chiffre d’affaire les bonnes années. Mais intellectuellement, Nicolas est frustré. Il veut se reconvertir dans quelque chose qu’il aurait eu la liberté de choisir si sa dyslexie ne l’en avait pas empêché, à l’âge où l’on choisit ses études. Il se tourne alors vers son violon d’Ingres, la bourse… Et c’est ainsi qu’il va rencontrer Jean-Louis Cussac.
Jean-Louis Cussac, le pape du trading et de la bourse sur BFM
Comme d’autres, comme la plupart, il a aperçu Jean-Louis Cussac sur BFM où le directeur de Perceval Finance Conseil a table ouverte, pratiquement tous les jours pour commenter les marchés financiers. Depuis 20 ans, il est devenu une figure incontournable de la chaîne et de la formation au trading à destination des particuliers.
Jean-Louis Cussac est né en 1959 en Gironde. Passionné par les échecs, il monte faire ses études de mathématiques et de physique à Paris. Il travaille comme surveillant en internat et se tourne un peu par accident vers la bourse, pour financer ses études.
Sa bio officielle précise qu’il a « commencé sa carrière sur les marchés financiers « en 1981 pour obtenir sa « carte professionnelle » en 1983. En 1987 « Jean-Louis ouvre un bureau proche du Palais Brongniart, où se retrouvent pour travailler d’anciens traders de parquet. (…) Il crée sa propre salle des marchés à l’attention des professionnels et des particuliers ».
Son profil Linkedin ajoute un passage de trois ans chez Iena Gestion. Il y aurait été « dirigeant et gestionnaire de portefeuilles » de 1988 à 1991. Cette collaboration a tourné court, avec un procès qu’il gagne en 1995. En attendant -longuement- cette échéance judiciaire pour lancer sa société de gestion, il crée Perceval en 1991 pour ouvrir la formation au trading au grand public.

C’est en 1985 que Jean-Louis Cussac aurait découvert les produits dérivés. A partir de 1989 « il commence le développement d’outils d’analyse technique en s’associant avec des programmeurs pour créer en 1991 Perceval Finance Conseil. En 1993 il se sépare de ses associés ».
Ces dernières années, Jean-Louis Cussac est resté l’actionnaire ultra majoritaire au sein de Perceval, restant toujours propriétaire de plus ou moins 90% des parts, le reste étant en partie distribué à sa famille jusqu’en 2019.
Cette année-là, son employé, Matthieu Ceronne, 34 ans, rachète les parts minoritaires restantes via la société M.E.S. Développement qu’il a fondé en 2018 pour créer un tête à tête actionnarial entre lui et son patron.
Deux sources de revenus: trading pour compte propre et vente de formations
Depuis 1993, « il développe et affine sa Méthode d’Intervention », élaborée principalement à partir de « son vécu des marchés » et dès 1995, commence à dispenser des formations en trading.
Tant et si bien qu’à partir des années 90, Jean-Louis Cussac gagne sa vie, d’une part en tradant pour son propre compte. Entre 2007 et 2012 il a ainsi « multiplié par cinq sa mise, ce qui se chiffre en plusieurs millions d’euros ». Et d’autre part, en vendant des formations au trading. En mars 2013, il participe brièvement au lancement du fond Ideal Premium de Ferri Gestion.
Les formations de Perceval consistent en des sessions, présentielles ou distancielles, de formation d’une demi-journée à trois mois, facturées entre 990 et 8680 euros et éligibles pour une part au droit individuel à la formation. Aucun prérequis n’est nécessaire pour les formations d’entrée de gamme. Tout le monde est accepté, quel que soit son niveau préalable. N’importe qui peut espérer devenir trader.
Jean-Louis Cussac a toujours affirmé et répété (par exemple dans cette vidéo au TC 1:08:25) que son trading pour compte propre et ses formations sont ses seules sources de revenu. Ces dénégations s’expliquent par le fait que les écoles de trading ont régulièrement été accusées d’être avant tout des « apporteurs d’affaire » rémunérés pour des sites de trading.
Les exemples abondent, que ce soit du coté des sites de trading véreux, essentiellement israélo-chypriotes ou du coté de sites de trading « respectables » et dont l’exemple le plus connu et le plus retentissant est l’affaire Raging Bull aux Etats-Unis. La fraude endémique dans le secteur des sites de trading s’explique, essentiellement et pour le résumer à très grand trait, par leur parenté avec les jeux d’argent.
Les partenaires de Perceval: des avantages pour les élèves sans contreparties
Jean-Louis Cussac et Perceval cependant, n’auraient jamais donné dans ce genre de partenariats. « Il y a un lien sur mon site où les gens peuvent se connecter et ouvrir un compte avec des conditions avantageuses » nous a expliqué Jean-Louis Cussac. « Quand j’amène du monde, c’est la seule chose en jeu entre le client et moi. Moi je ne perçois pas du tout de commissions sur ce qu’il va déposer ou sur ce qu’il va faire » nous a expliqué l’intéressé.

Les liens sponsorisés mis en avant par Perceval, comme les deux ci-dessous vers Lynx ou ProRealTime, permettent d’obtenir des « conditions avantageuses » mais sans aucune contrepartie financière pour Perceval, d’après Jean-Louis Cussac.

L’ensemble de ces partenariats sans contreparties sont présentés sur le site de Perceval dans une page spéciale. Il s’agit de ProRealTime, Bourse Direct, Trade Nation (anciennement Bourse Trade, tradenation.com est régulé au Bahamas, en Angleterre, en Australie et en Afrique du Sud. 82% de ses clients sont perdants.), Lynx (marque blanche d’Interactive Brokers), Axial Finance ou encore ReadyForTrading. Il arrive que des représentants de ces entreprises, comme Derek Lawless pour Trade Nation, viennent présenter leurs services au cours de ces formations.

Les sites pour lesquels Perceval recrute de cette façon des clients sont essentiellement des courtiers, des intermédiaires de marché. On trouve également un vendeur d’ordinateur de trading, ReadyForTrading, fondé par un ancien de Perceval, Benjamin Vialle. Vialle est un informaticien qui a suivi la formation de Jean-Louis Cussac en 2014. L’année suivante, il est chargé de concevoir et d’administrer le site de Perceval, avant de créer son site de vente de configurations d’ordinateurs pour le trading.
Au titre de ces services annexes, les élèves de Perceval reçoivent également une offre de « formation finance comportementale » animée par Jean-Louis Cussac et un « expert en psychométrie et en comportement humain » du nom de Bernard Henry. La session d’une journée et demie coûte 1490 euros.

Enseignements, propositions, conseils ou recommandations ?
Nicolas Lafortezza se lance. Fin 2017, première formation de trois jours, suivi d’une autre, de même durée, début 2018, le tout pour 5500 euros. Jean-Louis Cussac aurait tout de suite remarqué Nicolas. Nerveux, il se lève parfois brusquement pour rester debout ou faire des remarques qui désarçonnent ses enseignants. Quand elles n’agacent pas. Nicolas doit bientôt expliquer à l’équipe pédagogique de Perceval que son originalité porte un nom: la dyslexie.
En dehors des sessions de cours, Nicolas fait partie de la « salle des marchés ». Ce nom regroupe différents services proposés aux anciens élèves, essentiellement le réseau social privé des élèves de Perceval, qui les accompagne tous les jours et toute la journée contre 1000 euros par mois, soit 11 000 euros par ans après réduction.
[signaler]
Chacun peut y prendre la parole et poser des questions. Il consiste en un groupe Telegram, des conférence sur Ventrilo et quelques newsletter. Il est animé par Matthieu Ceronne. Perceval est une école de trading mais les élèves reçoivent des « conseils » et des « recommandations », telles que le fameux « trade du jour ».

Dans les échanges quotidiens, les frontières entre conseil et éducation peuvent apparaître quelque peu floues. Ainsi ce bout de dialogue entre Nicolas et Perceval:
-Je CALL 5100 je sais pas si faut les vendre?
-Tu sais bien qu’on ne gère pas tes positions, mais effectivement cela peut être judicieux d’en vendre une partie.
Apprendre le trading, en quoi cela consiste? Apprendre à passer des ordres sur le logiciel d’un courtier? Apprendre l’analyse technique pour essayer de prédire les mouvements boursiers? Copier-coller ou pas les « recommandations » et les « conseils » de son professeur ou de son coach, façon copy-trading ou trading social? Où prend fin l’enseignement et où commence le fameux conseil financier, dont le régime juridique n’est pas le même que celui de l’éducation ou de l’intermédiation?
Ce sont les questions que Nicolas se pose aujourd’hui. L’activité de Jean-Louis Cussac n’est-elle pas parfois celle d’un Prestataire en Service d’Investissement (PSI)? D’après le code monétaire et financier, il est obligatoire d’obtenir ce statut pour proposer « des recommandations personnalisées à un tiers (…) concernant une ou plusieurs transactions portant sur des instruments financiers […] ». N’est-ce pas ce que Perceval, Matthieu Ceronne et Jean-Louis Cussac font à leur manière?
« On ne fait pas de conseil personnalisé on fait du conseil de masse » répond Jean-Louis Cussac à ces critiques. Tant que ces conseils sont adressés à un groupe qui est libre de les copier ou pas, Perceval considère qu’ils ne peuvent pas être considérés comme des conseils personnalisés.
Août 2019: premiers doutes sur la méthode Cussac
Après ses deux sessions de formation, Nicolas progresse rapidement. Il accumule des gains. Mais il prend peu à peu ses distances avec le groupe. Pour lui, c’est un soutien autant qu’une distraction. Les membres s’empêchent difficilement de réclamer la martingale, comme un tuyau dans une course de chevaux à l’hippodrome de Vincennes, au lieu de se concentrer sur l’analyse froide et mathématique. Chacun y va de son opinion. Talent et inspiration contre analyse et travail.
En juin 2019, un nouveau venu dans le groupe renforce chez Nicolas cette désagréable impression. C’est Derek Lawless, le commercial de Trade Nation déjà évoqué. « Il racontait n’importe quoi » relate Nicolas.

En août 2019, un mini krach sur le CAC 40 accentue ses doutes. L’indice français perd 15% d’un coup. Nicolas enregistre une perte. Modérée mais tout de même. Il suit pourtant rigoureusement la méthode enseignée par Perceval. Elle consiste à « trader sur les options en se couvrant par des futures ».
Nicolas continue pourtant. Passe l’Automne et le fameux « Barrez-vous! » prononcé par Cussac sur BFM. Vient l’hiver et la crise du COVID dont les trader attendent l’impact, tôt ou tard, sur les marchés. Nicolas continue de se lasser du forum Perceval. Il cherche une autre formule. Un fonctionnement en duo avec un autre trader par exemple. Il sonde les possibilités autour de lui.

Le 17 février 2020 a 8h44, il adresse ce mail lapidaire à Perceval: « Honnêtement je sais pas si je continue donc je réfléchis encore une semaine merci ». A 9h10, Jean-Louis Cussac l’appelle sur son téléphone. « Tu es fait pour ce métier » lui aurait lancé Jean-Louis Cussac au cours de cette conversation, ce que l’intéressé dément aujourd’hui. Nicolas reste. Il obtient une réduction: 700 euros au lieu de 1000 pour son abonnement à la « Salle des Marchés ».
Le Krach COVID fait aussi des victimes parmi les élèves de Jean-Louis Cussac
Le COVID choisit la semaine du 24 février pour infecter les marchés financiers. Il passe en quelques jours de plus de 6000 à 3750 points.

Sur le forum de Perceval, pas de panique. Mathieu Ceronne et Jean-Louis Cussac conseillent la vente de puts, consistant à gagner de l’argent quand le CAC remonte en limitant le risque de perte au moyens d’une couverture par des Futures. Pour chaque option, un future avec une garantie de 10 000 euros. D’après Nicolas, c’est l’orthodoxie prônée par Perceval.
Sauf que le scénario ne se serait pas passé comme prévu. D’après Nicolas, la baisse est abyssale et les positions des élèves de Perceval « sautent » les unes après les autres. Les courtiers ferment automatiquement les positions prises par les élèves de Perceval car ils prennent trop de risques sans avoir assez d’argent en garanti sur leurs comptes.
Les pertes latentes ou potentielles sont trop importantes pour être acceptées par le courtier. « Pour ne pas sauter, il aurait fallu compter 60 000 ou 70 000 euros de garantie ou acheter des options put » explique Nicolas. « Mais Prescrire ces montants-là, cela revient à dire aux élèves de Perceval qu’ils n’ont tout simplement pas assez d’argent pour trader ».
D’après Nicolas, une quarantaine de personnes se retrouvent dans cette situation, avec des pertes sèches colossales. Certains auraient parlé de suicide.
Le vendredi noir de Nicolas
Nicolas vend 50 puts la semaine du 24 février. Il les couvre avec des futures sur les conseils de Jean-Louis. Ce jour-là, il se souvient avoir entendu Jean-Louis Cussac affirmer: « la baisse n’ira pas très loin ».
Le vendredi 13 mars, Nicolas solde ses options avec une perte de 580 000 euros qui n’est pas du tout compensée par ses gains de 250 000 euros sur les futures. Il génère ainsi une perte totale de 330 000 euros dans cette opération.
Ses doutes de 2019 se changent en certitude: « on ne peut pas sécuriser des options avec futures ». Il a bien gagné de l’argent avec les futures mais pas assez pour combler ses pertes sur les options. Et selon lui, il ne pouvait pas en être autrement.
Vers 8h, il raconte avoir échangé avec Jean-Louis Cussac par téléphone.
–Je ne peux plus tenir la position Jean-Louis. C’est une catastrophe. Il me faut de l’argent. Donne-moi de l’argent et je te rembourse pour stabiliser le compte.
-Je suis dans la même situation que toi, c’est catastrophique.
Le président de Perceval lui aurait confié devoir lui-même combler un important appel de marge avec des liquidités personnelles.

Jean-Louis raccroche pour lancer son point bourse quotidien. Nicolas écoute attentivement son professeur. Il est médusé par ce qu’il entend. « C’est le stress absolu. C’est que du stress. C’est de la détresse ». Jean-Louis Cussac égrène les victimes du krach sans jamais parler des pertes de ses clients ou de ses propres pertes, que Nicolas devine massives. « Je connais des mecs qui sont bons, qui sont sérieux et ils ont sauté, hier soir ». D’après Nicolas, Jean-Louis parle de ses propres clients.
« Je n’ai jamais dit que j’ai des clients qui ont sauté »
Sur ces événements, Jean-Louis Cussac nous confirme avoir bien eu connaissance des positions et de la perte de Nicolas le 13 mars 2020. Pour le reste, il raconte une toute autre histoire, à commencer par une relation bien plus distante que celle décrite par Nicolas. « Je n’ai pas eu beaucoup affaire à lui » résume le trader et professeur.
« Je n’ai jamais dit que j’ai des clients qui ont sauté » explique-t-il également. Il aurait effectivement évoqué les pertes de quelqu’un, mais certainement pas l’un de ses élèves. Il s’agirait d’un ami NIP indépendant qui venait de vendre un appartement dont le produit aurait été aussitôt perdu dans ce krach.
« Nicolas est-il le seul a avoir fait des pertes de ces proportions parmi vos élèves? » lui avons-nous demandé? « A ma connaissance oui ».
Jean-Louis Cussac a-t-il perdu autant d’argent pendant le krach que le prétend Nicolas? Réponse négative: « j’ai gagné beaucoup. J’ai perdu et j’ai regagné ensuite ».
[signaler]
« ce qui se passe dépasse tout entendement«
Nicolas est sidéré. Il hésite. Il en veut autant à Jean-Louis Cussac qu’il compte sur lui pour l’aider. Il pense avoir suivi les préconisations de son professeur, autant dans sa méthode que dans ses prévisions. Il pense que Jean-Louis a fait une erreur, qu’il va la reconnaître et que tout rentrera dans l’ordre. Il écrit compulsivement des messages à Perceval en alternant de façon décousue demandes d’aide et reproches de l’avoir retenu d’arrêter le trading.
« Je comprends ton désarroi face à la perte que tu as subie mais ce qui se passe dépasse tout entendement », lui écrit Claude-Valérie Cohen, la femme de Jean-Louis, qui gère également Perceval. « Nous sommes tous affectés par la situation. (…) « On comprend parfaitement ce qui t’arrive car cela nous est arrivé plusieurs fois »
Le 24 mars, elle ajoute « Jean-Louis est lui aussi extrêmement épuisé par ce qui vient de se passer sur les marchés et les conditions dans lesquelles nous devons maintenant travailler ». La France est alors en plein confinement. « Il faut que tu fasses un break et t’éloignes un peu des marchés » recommande-t-on à Nicolas.

Nicolas échange avec les autres élèves pour connaître leurs pertes et envisager une action judiciaire. Claude-Valérie et Jean-Louis l’apprennent et se tendent. Ils acceptent cependant de rembourser l’abonnement annuel de Nicolas au forum, soit près de 6 000 euros, à condition de ne pas « réclamer quoi que ce soit d’autre« .
Les dirigeants de Perceval se disent prêt à aider Nicolas, « à rebondir » et « à trouver du travail dans la finance ». Effectivement, on lui fera part d’offres d’emploi chez ProRealTime.
Jean-Louis Cussac propose à Nicolas de créer un blog sur le trading
Jean-Louis Cussac évoque avec Nicolas la possibilité qu’il crée un blog sur le trading, dans lequel Nicolas pourrait noter les différentes formations au trading et faire de la publicité pour Perceval. « On va t’aider et te commissionner si tu trouves des clients » lui assure Jean-Louis pour l’encourager. Autrement dit: si ce blog permet de recruter des clients pour Pereval, Nicolas pourra toucher des commissions. Nicolas reçoit même un accès gratuit au forum dont il s’était fait rembourser le prix quelques semaines plus tôt. Il aurait conservé cet accès gratuit au moins jusqu’en juin 2021

En attendant il continue d’espérer que Jean-Louis lui prête du capital pour qu’il puisse recommencer à trader ou qu’il lui présente des épargnants qui pourraient vouloir lui confier leur argent. Ce blog, il l’envisage aussi à plus long terme comme un fond d’investissement.

Le 5 mai 2020, Nicolas crée donc passion-bourse-trading.com. Il sollicite Jean-Louis par mail les jours suivants pour avancer sur ce projet. Réponse de sa femme: « Jean-Louis est pas très bien en ce moment ». Nicolas commence à l’animer en août pendant quelques jours avant de jeter l’éponge.
Désespérant de trouver une solution et doutant des choix qu’il a fait les années précédentes, il rédige un long mail à Perceval. Comme à son habitude, particulièrement à l’écrit, il n’y retient pas ses affects et y mélange sans cesse public et privé, professionnel et personnel, concluant par ces mots: « J’espère pas être trop confus tu connais mon niveau d’orthographe. »
Jean-Louis lui répond personnellement: « On t’aidera mais comme tu le sais, mais pense aussi à « aide toi et le ciel t’aidera ». Relance du président de Perceval le 10 novembre: « C’est la dernière fois que je te demande ce que tu comptes faire. 2020 est une année noire pour le trading ».
Jean-Louis Cussac enregistre Nicolas à son insu
Nicolas rompt le contact avec Perceval. Il continue de suivre passivement les échanges sur le forum mais n’intervient plus. Il continue de penser que Jean-Louis va reconnaître son erreur et l’aider.
Le 2 août, il adresse un mail à Jean-Louis Cussac afin de le rencontrer et « trouver un arrangement financier ». Rendez-vous est pris à Bordeaux le 6 septembre à 14h.

L’explication va durer plus de deux heures entre Nicolas Jean-Louis et Claude-Valérie. Pour Nicolas, il s’agissait de trouver un « arrangement financier » et l’aider à « trouver de riches clients » dont Nicolas aurait pu trader le capital. Jean-Louis aurait évoqué l’une de ses connaissance, ressortissant belge, qui aurait pu correspondre à ce que Nicolas recherchait.
Jean-Louis Cussac relate une entrevue très tendue. Craignant des débordements, il a prévenu les élèves qui se trouvent là. Au cours de ces deux heures cependant, le président de Perceval ne se souvient pas de demande financière cependant. Plus largement, « depuis le début, il ne m’a jamais réclamé un centime » résume-t-il. Quant à la demande faite par Nicolas qu’on lui présente de « riches clients », Jean-Louis Cussac l’admet. Mais il l’aurait refusé tout net, arguant de l’illégalité d’une telle pratique devant l’absence d’agrément de Nicolas.
Nicolas sort de ce rendez-vous déterminé à aller au contentieux, surtout lorsqu’il découvre que Jean-Louis Cussac revendique publiquement sur Twitter avoir enregistré toute la discussion. Rarement Jean-Louis Cussac prend-il la peine de répondre personnellement à quelqu’un sur ce réseau.

Le 9 septembre, Nicolas saisit la CNIL. Le 10, il saisit la DGCCRF via Signal Conso, sa plateforme de signalement de la répression des fraudes. Il saisit également la médiatrice de l’AMF, Marielle Cohen-Branche.
Sa réponse lui redonne espoir. La médiatrice reconnaît que « la société Perceval Finance Conseil a pu aller au-delà de sa mission de formation et vous fournir un service de conseil en investissement » et qu’il aurait « pu faire l’objet d’un abus de faiblesse de la part de cet organisme ».

Cependant, la médiatrice n’est investie que d’une mission de conciliation et non de contrôle ou d’enquête. Elle transmet donc le dossier de Nicolas « aux services spécialisés de l’AMF qui, dans le cadre de la coopération avec l’autorité judiciaire, en alerteront le Procureur de la République. »
Nicolas a également créé le 12 novembre une chaîne Youtube, Trading Bourse Vérité, pour raconter sa mésaventure et appeler à l’aide. Il chercher à fédérer derrière lui d’autres anciens élèves de Perceval et de Jean-Louis Cussac qui auraient perdu massivement leur argent dans les mêmes circonstances.
En trois semaines, il a été contacté par au moins trois personnes se présentant comme d’anciens élèves de Perceval. Ils corroborent tous son expérience. Nous avons pu échanger avec deux d’entre eux. Ils n’ont pas gagné d’argent en tradant sur le long terme et racontent avoir côtoyé d’autres perdants chroniques dans les cours de Perceval. La plupart des perdants auraient fini par s’éloigner progressivement du trading en culpabilisant de leur échec.
La seule étude existant sur le succès des traders particuliers, réalisée par l’Autorité des Marchés Financiers elle-même et fondée sur des données fournies par les courtiers eux-même, semble elle aussi corroborer cette tendance en montrant que les particuliers traders sont perdants 9 fois sur 10.
Un particulier lambda suivant des formation de quelques jours chez Perceval ou ailleurs peut-il vraiment espérer gagner comme qu’un trader à bac+5, féru de mathématiques financières et sorti du fameux Master 2 de probabilité et finance de Nicole El Karoui, le top du top en la matière?
Même s’il fallait répondre négativement à cette question, il faut craindre que la fascination exercée par le métier de trader n’en détourne pas les petits épargnants.
Pour en savoir plus sur Jean-Louis Cussac et Perceval Finance Conseil, lisez notre enquête.
[collectifWTneutre]



Bonjour, j’aimerais beaucoup pouvoir joindre Mademoiselle Linda Pry par mail.
Cela est-il possible ?
Bonjour,
Envoyez-nous un message sur la rubrique dédiée à la prise de contact.
Nouveau témoignage d’un ancien élève:
Je découvre vos articles sur perceval finance dont j’ai malheureusement moi aussi été victime. Je tiens à vous féliciter.
(…)
Je ne peux malheureusement que confirmer, dans l’esprit (cependant pas dans les moindres détails) les différents témoignages rapportés.
(…)
« Nous étions vivement encouragé à être actifs sur les réseaux sociaux en promouvant les services de Perceval (ce que je n’ai personnellement jamais fait). Dès que Cussac subissait la moindre attaque, c´était à nous de prendre sa défense. Nous étions aussi incités à nous moquer des autres intervenants sur BFM, certains étaient pratiquement insultés dans les bureaux de perceval (Stéphane Ceaux-Dutheil par exemple, je ne sais plus qui aussi « avec sa salle gueule de gendarme », et d’autres). Mais sur le forum j’ai fini par avoir le sentiment qu’il y a surtout une grande majorité de novices qui sont encore dans l’illusion, les perdants du passé étant régulièrement remplacés par de nouveaux perdants. Cussac a le talent nécessaire pour qu’une omerta s’établisse quant aux pertes réalisées, il faut en revanche évoquer le moindre petit gain de nombreuses fois et pendant très longtemps, et surtout bien remercier (idéalement venir avec une bonne bouteille). En effet, la pression du groupe (orchestrée par Cussac) est réelle, mais au fur et à mesure que le temps passe, des petits groupes de déçus peuvent se former, des conversations privées s’engager etc.
(…)
Il y a plusieurs éléments qui m’ont fait passer de l’admiration doublée du fol espoir à l’abandon. Je vais en citer 2 ou 3. Par exemple, Cussac nous avait fait acheter des actions Soitec fin 2014, il nous les a fait vendre à – 50 % environ, juste après le profit warning de 2015. Il avait d’ailleurs reconnu cette perte, même sur BFM. Quand je vois ce qu’a fait l’action Soitec depuis…
Ensuite je n’allais pas souvent aux bureaux de Perceval car j’habite (depuis 20 ans) à l’étranger et ne passais en région parisienne que pour rendre visite à mes parents (notamment ma mère qui était très malade et pratiquement indéplaçable). Mais une fois, j’ai mis 3 ou 4 jours de côté pour fréquenter en personne la société perceval à Paris dans l’espoir d’y trouver davantage d’aide, de discuter dans le calme avec le maximum de personnes afin de mieux comprendre, et de nouer contact avec d’autres clients. Le matin du dernier jour, j’arrive et j’étais très mal car comme souvent j’étais pris à revers par le marché, avec un écart important, les pertes à gérer étaient lourdes. Il y a 2 salles de trading l’une à côté de l’autre chez perceval. Je trouve de mémoire une seule personne plutôt hagarde dans la première (Dereck de mémoire ? mais pas sûr), je lui fais part aussitôt de mes déboires: Réponse : « moi aussi et tu peux aller dans la pièce à côté, ils sont plusieurs et tous comme toi ». C’est là que j’ai compris que le coupable n’était pas moi. Et puis je de plus en plus je trouvais le discours de Cussac incohérent et invraisemblable (une histoire délirante de gendarmes qui auraient fait irruption des années auparavant, arme en main en criant « montre-là, ta machine à sous », qui auraient tout fouillé avant de finalement comprendre que sa machine à sous, c’était ses trades).
(…)
Je ne suis que partiellement d’accord avec Linda qui dit que Cussac est toujours vendeur. Je dirais plutôt qu’il est toujours ambivalent (ainsi il a raison quoi qu’il arrive), mais en effet les stratégies qu’on nous faisait mettre en place étaient en effet très souvent à Delta négatif (put synthéthique) alors que le marché montait avec d’assez rares replis. Quant aux ventes de Strangle avec couverture par des aller-retours sur le futur nous faisaient en général perdre sur tous les tableaux (options + future). Et pour les achats d’actions, ben par exemple, si j’ai encore du Visiomed en portefeuille, c’est parce que j’ai mis les pieds chez Perceval (bon, selon la méthode j’aurais dû les vendre depuis longtemps ».
Bonjour,
Merci pour ton témoignage, des procédures et civils sont en cours, si tu peux me contacter et nous apporter ton témoignage devant les tribunaux.
Je te remercie
Bravo
Le 19 mai 2023, le Tribunal judiciaire de Paris a débouté Jean-Louis Cussac, Matthieu Ceronnne et Perceval Finance Conseil de leur assignation en référé visant à faire supprimer la chaîne Youtube de Nicolas Lafortezza intitulée (@percevalfinancelesescroqueri6610) et “PERCEVAL FINANCE l’ESCROQUERIE”. Jean-Louis Cussac, Matthieu Ceronnne et Perceval Finance Conseil ont été condamnés à payer 5000 euros à Nicolas Lafortezza au titre de l’article 700 du code de procédure pénale.
Vous voulez j’imagine parler de l’article 700 du code de procédure civile et pas pénale…
Ce n’est pas tout à fait la même chose.
Vous avez raison et il est rare d’être condamné à payer une somme aussi importante au titre de l’article 700.